NON : dans un arrêt en date du 04 avril 2018, le Conseil d’Etat considère que s'il manifeste l'intention de l'Etat de passer une convention de délégation de service public pour la gestion de l' aérodrome d'Aix-Les Milles, il ne saurait en soi constituer une décision sur le principe du recours à une telle délégation, un tel avis présente le caractère d'une simple mesure préparatoire à la conclusion de la convention qui n'est pas susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
Aucune disposition n'impose à l'Etat, contrairement à ce qui est prévu pour les collectivités territoriales ainsi que leurs groupements et établissements publics, d'adopter, avant d'engager la procédure de passation d'une délégation de service public, une décision sur le principe du recours à une telle délégation.
L'avis d'appel public à la concurrence, publié le 19 novembre 2015 par le ministre chargé des transports au bulletin officiel des annonces des marchés publics, relatif à la délégation de service public de l'aérodrome d'Aix-Les Milles, se borne à lancer la procédure de passation de cette délégation.
S'il manifeste l'intention de l'Etat de passer une convention de délégation de service public pour la gestion de cet aérodrome, il ne saurait en soi constituer une décision sur le principe du recours à une telle délégation.
Un tel avis présente le caractère d'une simple mesure préparatoire à la conclusion de la convention qui n'est pas susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
Les délégations de service public étant au nombre des contrats administratifs qui peuvent faire l'objet du recours de pleine juridiction dont disposent les tiers pour en contester la validité, dans les conditions définies par la décision n° 358994 du 4 avril 2014 du Conseil d'Etat, statuant au contentieux, la validité du recours à ce mode de gestion ne pourra être contestée qu'à l'occasion du recours exercé contre le contrat dans les conditions ainsi définies.
Il résulte de ce qui précède que la cour administrative d'appel de Paris a commis une erreur de droit en jugeant qu'en l'absence de toute décision autrement formalisée, l'avis litigieux devait être regardé comme révélant la décision de l'Etat de déléguer la gestion de l'aérodrome d'Aix-Les Milles.
SOURCE : Conseil d'État, 7ème - 2ème chambres réunies, 04/04/2018, 414263