EN BREF : à la condition que l’établissement relèvent du livre VII du code de l'éducation et qu'ils organisent au moins une formation conduisant à la délivrance au nom de l'Etat d'un diplôme sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat. Dans son arrêt en date du 9 mars 2016, le Conseil d’Etat considère qu'il résulte des dispositions de l'article 231 du code général des impôts que l'exonération qu'elles prévoient au profit des établissements d'enseignement supérieur porte sur l'ensemble des rémunérations versées à leur personnel salarié, quelle que soit la fonction exercée, à la condition que ces établissements relèvent du livre VII du code de l'éducation et qu'ils organisent au moins une formation conduisant à la délivrance au nom de l'Etat d'un diplôme sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat.
Aux termes de l'article 231 du code général des impôts dans sa rédaction issue de l'article 86 de la loi du 30 décembre 2006 de finances rectificative, applicable à compter du 1er septembre 2007 : « 1. Les sommes payées à titre de rémunérations sont soumises à une taxe sur les salaires égale à 4,25 % de leur montant, ( ...) à la charge des personnes ou organismes, à l'exception (...) des établissements d'enseignement supérieur visés au livre VII du code de l'éducation qui organisent des formations conduisant à la délivrance au nom de l'Etat d'un diplôme sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat, qui paient ces rémunérations lorsqu'ils ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée ou ne l'ont pas été sur 90 % au moins de leur chiffre d'affaires au titre de l'année civile précédant celle du paiement desdites rémunérations (...) »
Dans son arrêt en date du 9 mars 2016, le Conseil d’Etat considère qu'il résulte de ces dispositions que l'exonération qu'elles prévoient au profit des établissements d'enseignement supérieur porte sur l'ensemble des rémunérations versées à leur personnel salarié, quelle que soit la fonction exercée, à la condition que ces établissements relèvent du livre VII du code de l'éducation et qu'ils organisent au moins une formation conduisant à la délivrance au nom de l'Etat d'un diplôme sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat.
En l’espèce, il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que l'Institut catholique de Lille, association reconnue d'utilité publique, organise au sein d'établissements d'enseignement, des formations dont il n'est pas contesté qu'elles conduisent à la délivrance au nom de l'Etat de diplômes sanctionnant cinq années d'études après le baccalauréat, et gère les hôpitaux Saint-Philibert et Saint-Vincent de Paul qui, outre leur activité de soins, concourent à la formation pratique des étudiants fréquentant la faculté libre de médecine et les écoles paramédicales de l'Institut.
Pour rejeter la demande de restitution de la taxe sur les salaires qu'il estimait avoir versée à tort pour la période du 1er septembre 2007 au 31 décembre 2009, correspondant aux rémunérations versées aux personnels de ces deux hôpitaux, la cour, après avoir relevé qu'il n'était pas contesté que l'Institut catholique de Lille pouvait bénéficier de l'exonération prévue au 1 de l'article 231 du code général des impôts pour les rémunérations versées aux personnels exerçant une activité de formation, a estimé que celui-ci, à qui incombait la charge de la preuve de l'exagération des montants de taxe sur les salaires acquittés, ne produisait aucun élément de nature à identifier, au sein des salaires versés à certains de ces personnels, en particulier aux praticiens, la fraction qui se rapportait à leur activité pédagogique et celle qui se rapportait à leur activité hospitalière.
Il résulte de ce qui a été dit au point 2 qu'en se fondant sur la nature des fonctions exercées par les personnels rémunérés par l'Institut, alors qu'il lui appartenait seulement de rechercher si, compte tenu des statuts de l'Institut catholique de Lille, les personnels en cause devaient être regardés comme étant employés par un établissement d'enseignement supérieur répondant aux conditions fixées par les dispositions du 1 de l'article 231 du code général des impôts, la cour a commis une erreur de droit.
Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens du pourvoi, que l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai doit être annulé.
SOURCE : Conseil d'État, 9ème / 10ème SSR, 09/03/2016, 386911