Maître André ICARD
Avocat au Barreau du Val de Marne

Quelle serait l’efficacité d’une grève des avocats qui ne dérangerait personne ?

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Certains justiciables se plaignent aujourd’hui  à juste titre de notre mouvement de grève et de certaines de nos actions, comme celle consistant, pour mon Barreau du Val de Marne, à bloquer les accès au tribunal. (TGI de CRETEIL)

Mais avons-nous vraiment un autre choix dont celui de faire des actions qui ne pénaliseraient personne ? 

Quid d’une grève des transports si tous les trains, avions, navires et bus continuent de rouler comme d’habitude et arrivent à l’heure.

Quid d’une grève des taxis ou des conducteur routiers qui ne paralyserait ou ne générerait pas d’inconvénients majeur pour la libre circulation de tous ces braves gens qui vont à leur travail tous les jours.

Contrairement aux salariés des péages autoroutiers, nous ne pouvons pas faire du gratuit les jours de grève car nous en faisons malheureusement, contre notre gré ou avec notre accord, à longueur d’année.

Ces mêmes justiciables qui se plaignent aujourd'hui de notre mouvement en sont d'aiilleurs très satisfaits.(Voir toutes les inombrables consultations gratuites organisées dans les mairies ou dans les maisons du droit par les Ordres).

Malheureusement, et je le déplore, une grève quelle qu’en soit la forme est nécessairement gênante pour nos concitoyens, qui au surplus, ne sont aucunement responsables de la situation ou de la décision génératrice du conflit.

Mais c’est le prix à payer pour que la grève soit efficace et tous les gentils petits mouvements que nous avons menés ces dernières années ont été en la matière, d’une totale inefficacité.

N’oubliez pas que très souvent les grévistes de toutes les corporations rencontrent en face d’eux, au cours d’un pseudo dialogue social, de grands professionnels de la promesse et de la langue de bois rompus à cet exercice. ( « Les promesses, c'est ce qui rend les couillons heureux ! »​)

Et bien aujourd’hui, pour les avocats, ça ne marche pas et ils ne se contenteront jamais plus, comme dans un passé très récent, de belles promesses faites dans la douceur des salons feutrés d’un bel immeuble Haussmannien d’un ministère parisien, souvent très éloigné des réalités économiques de la profession d’avocat d’aujourd’hui.

Or la profession d’avocat (les petites structures essentiellement) est aujourd’hui écartelée entre les revenus indigents de l’aide juridictionnelle, qui ne permettent même pas d’équilibrer les frais de gestion d’un cabinet individuel et les charges sociales et les impôts en croissances exponentielles.

Ainsi, au lieu de se plaindre des conséquences génante d’une grève des avocats, peut-être faudrait-il se demander qui est responsable de cet état de fait qui a généré ce véritable mouvement de révolte tel qu’on le voit aujourd’hui, et que notre pouvoir exécutif se remette en question et « revoit sa copie »  plutôt que de choisir la solution de facilité consistant à envoyer contre des avocats, garants de nos libertés fondamentales, une compagnie de CRS ou un escadron de gendarmes mobiles.

Trop, c'est trop !


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