Maître André ICARD
Avocat au Barreau du Val de Marne

Que devient le petit avocat de banlieue parisienne gravement malade ?

Cet article est gratuit ! vous pouvez le consulter dans son intégralité

Vous avez peut être lu les mésaventures d’un petit avocat de banlieue parisienne atteint d’une insuffisance rénale en phase terminale, qui vous avez raconté les problèmes qu’il rencontrait avec diverses administrations et avec certains clients qui se sentaient légitimes à cesser de lui payer les honoraires acceptés contractuellement et intégralement dus.

DERNIER MESSAGE AVANT FERMETURE : si ce site Internet de droit public vous est ou vous a été d'une quelconque utilité et si vous ne voulez pas qu’il disparaisse très prochainement, faute de moyens financiers et d’abonnés payants, vous pouvez encore le sauver en vous abonnant. Pour vous abonner, vous devez d'abord vous inscrire comme « membre du site », puis vous reconnecter avec vos identifiants, puis cliquer sur l' « Espace clients » dans la marge droite de la page d’accueil où votre nom apparaîtra (Bienvenue M. X), puis cliquer dans la page qui suivra sur « Abonnements aux actualités » (4ème paragraphe), puis respecter les consignes données jusqu'au moyen de paiement.

Il vous avez aussi fait savoir qu’il se sentait bien seul, abandonné de toutes ses anciennes relations du temps passé de sa modeste réussite.

Et il en avait conclu que les effets secondaire de sa grave maladie n’était rien à côté du sentiment de solitude, d’abandon, de souffrance, de déception  et de cruelle indifférence qu’il éprouvait désormais tous les jours, et qu’il essayait de compenser en écrivant inlassablement ses chroniques juridique sur son site Internet, qu’il lançait désespérément comme une bouteille à la mer.

Force est de constater que la bouteille n’a pas encore été trouvée sur les rivages ensoleillés  de l’espoir où  de la résurrection professionnelle.

Il essayait de se comporter comme s’il était encore un petit avocat de banlieue en parfaite santé, qui aimait partager ses modestes  connaissance de droit public sur Internet, comme si on avait encore besoin de lui, comme au temps où son téléphone sonnait en permanence, comme au temps où les audiences n’étaient pas aussi rare qu’aujourd’hui, comme au temps où il avait des collaboratrices, des juristes, des stagiaires, comme au temps où on lui demandait de participer à des séminaires, comme au temps où il avait encore sa dignité d’homme valide.

Hélas, ce temps est passé terriblement vite,  trop vite et les épreuves de la vie n’ont pas tardé à l’accabler.

Alors au mois d’août, il est partie se reposer à Toulon, chez sa vieille mère de 97 ans, pour retourner à ses origines paysannes de la campagne ollioulaise, mais ses contraintes thérapeutiques de trois hémodialyses de quatre heures par semaine l’ont tout de même obligé à trouver un centre de dialyse proche de sa résidence à Ollioules à la clinique qui porte le si joli nom de « clinique des fleurs ».

Cette belle clinique, au nom si poétique, lui a rappelé le souvenir de son père qui s’y est éteint dans la douceur d’un soir du mois d’avril 2012.

Alors une effroyable douleur l’a terrassé quant il est passé devant le bureau ou quelques années plus tôt, il avait réglé les formalités du décès.

Il se rappelle toujours les condoléances administratives de la secrétaire et l’interminable attente au service des pompes funèbres Mistre face à un agent visiblement débordé ce jour là.

Aucun mot ne lui permettra de décrire la tristesse  qui l’envahissait ce jour là et l’abîme de solitude  que laissait mon père dans sa petite vie.

Pendant un mois, il est passé et repassé inexorablement deux fois tous les deux jours devant ce lieu de triste mémoire, ajoutant  ainsi à sa souffrance physique,  beaucoup de tristesse.

Et ce ne sont pas le professionnalisme et la chaleur humaine des merveilleux personnels soignants et de service du centre d’hémodialyse de la « clinique des fleurs » d’Ollioules qui ont pu atténuer cette lancinante douleur morale qui l’étreignait au quotidien.

Mais ils ne pouvaient pas savoir …

N’en pouvant plus,  il a raccourci son séjour d’une semaine et il est « remonté » à Villejuif pour retrouver ses habitudes, ses compagnes et compagnons de dialyse et son ancienne nouvelle  vie rythmée désormais par les trois matinées par semaine au centre d’hémodialyse du CHU du Kremlin-Bicêtre.

A son cabinet, il a aussi trouvé dans sa boite aux lettres des avis à tiers détenteurs, des interdictions bancaires du LCL pour un chèque de 50 euros provisionné avec deux jours de retard, des relances URSSAF, des relances de toute nature, mais il n’a pas trouvé de chèques de clients indélicats, mauvais payeur, pourtant taxés par la Bâtonnier.

Bref, il n’y avait que de mauvaises nouvelles.

Et puis, qu’elle humiliation pour un avocat que ce type de mauvaises nouvelles …

Alors, pensant que c’était la seule solution, il s’est remis à écrire sur son site Internet, avec une frénésie de vieil homme malade et désespéré.

Et  peut-être que parmi le million de visiteurs par an, quelques uns trouveraient que ce serait trop bête que le site  www.jurisconsulte.net  disparaisse définitivement le 12 octobre 2015 devant le tribunal de grande instance de CRETEIL.

Il a même ajouté ce message sur son site www.jurisconsulte.net :

« MESSAGE IMPORTANT : si ce site Internet de droit public vous est d’une quelconque utilité et si vous ne voulez pas qu’il disparaisse très prochainement faute de moyens financiers et d’abonnés payants, vous pouvez encore le soutenir en vous abonnant. Pour vous abonner, vous devez d'abord vous inscrire comme « membre du site », puis vous reconnecter avec vos identifiants, puis cliquer sur l' « Espace clients » dans la marge droite de la page d’accueil où votre nom apparaîtra (Bienvenue M. X), puis cliquer dans la page qui suivra sur « Abonnements aux actualités » (4ème paragraphe), puis respecter les consignes données jusqu'au moyen de paiement. »

Vous voyez, il continue à rêver encore à des jours meilleurs le petit avocat de banlieue parisienne, mais il n’est pas dupe,  il sait très bien que la réalité de sa situation financière va le rattraper très vite, dés ce mois d’octobre 2015, et le faucher comme un fétu de paille.

Car un petit avocat de banlieue parisienne ne pèse pas bien lourd dans notre société de consommation et surtout il  n’intéresse plus personne, vraiment plus personne.

Ce sera sa mort professionnelle annoncée  qui précédera peut-être de peu sa mort naturelle, car il aime encore profondément son métier d’avocat, il est tout pour lui, mais visiblement son métier d’avocat ne le lui rend plus.

Peut-être n’était-il pas fait pour ça et puis, après tout, c’est la loi de la nature où seuls les plus forts subsistent et les meilleurs réussissent.

Et le petit avocat de banlieue parisienne est en ce moment extrêmement  faible et découragé et il ne voit plus du tout le bout du tunnel.

Mais peut-être est-il  inutile d’essayer de forcer son destin ?

Mais, mes chères consœurs et chers confrères,  je reste très fier d’avoir été des vôtres.


Chiffres clés
+ de 25 ansd’expérience
Une véritable base de données spécialisée dans le droit public
+ de 5000questions réponses
Paiement
100% sécurisé
+ de 200modèles téléchargeables